Réorganisation du Conseil national de la presse : un projet de loi qui ravive le débat dans le secteur médiatique
Le projet de loi n° 26.25 portant réorganisation du Conseil national de la presse (CNP) a suscité un vif débat parmi les journalistes et les professionnels des médias, à l’approche de son adoption définitive par le Parlement. Cette réforme entend repenser en profondeur les missions et le fonctionnement du CNP, afin de les adapter aux évolutions juridiques et institutionnelles récentes.
La première expérience du Conseil a révélé plusieurs limites, notamment l’absence d’un dispositif clair pour superviser et convoquer les élections, un élément essentiel dans un cadre d’auto-régulation censé rester totalement indépendant de l’administration.
Le nouveau texte, qui compte 97 articles contre 54 dans la version actuelle, précise davantage les attributions du Conseil, sa composition, les modalités électorales ainsi que les règles liées aux mandats.
Vers une représentativité fondée sur le vote individuel
Contrairement au dispositif initial, élaboré en concertation directe entre le gouvernement et les acteurs du secteur faute d’expérience préalable dans l’auto-régulation, la nouvelle approche s’appuie sur les travaux de la commission provisoire. Cette dernière, chargée d’exercer les missions du CNP, a consulté l’ensemble des professionnels avant de transmettre un rapport au gouvernement.
Le texte propose désormais un système basé sur le vote individuel des journalistes, afin de renforcer la transparence et de mettre fin aux dérives liées à la composition des listes électorales.
Encadrement renforcé du statut d’éditeur
Le projet de loi introduit également des dispositions visant à sécuriser la procédure de mandat, en particulier du côté des éditeurs. L’objectif est de lutter contre la prolifération de sites électroniques non structurés disposant néanmoins du statut d’« éditeur », et de mieux encadrer l’accès à cette qualité.
Un débat réduit à deux articles sur un ensemble de 97
Malgré l’ampleur des changements proposés, le débat public se concentre essentiellement sur deux articles du projet, laissant de côté une grande partie du texte. Une situation qui interroge sur les raisons de cette focalisation, alors que la réforme vise une refonte globale du système d’auto-régulation de la presse au Maroc.