Société

Enfants et réseaux sociaux : Najwa Kakkous tire la sonnette d’alarme

Le groupe du Parti Authenticité et Modernité (PAM) à la Chambre des représentants a relancé un débat national sensible autour de la relation entre les enfants et les plateformes de réseaux sociaux, en adressant une question orale au Chef du gouvernement concernant les risques croissants liés à l’usage de ces plateformes numériques par les mineurs de moins de 15 ans.

Dans une correspondance officielle datée du 9 février 2026, la députée Najwa Kakkous a mis en garde contre les conséquences psychologiques, comportementales et éducatives potentiellement graves auxquelles les enfants pourraient être exposés en raison d’une utilisation non encadrée des réseaux sociaux. Elle souligne que ces espaces numériques sont devenus un terrain propice à la violence en ligne, au cyberharcèlement, à l’addiction et aux différentes formes d’exploitation.

Le document insiste également sur l’absence de mécanismes efficaces de contrôle et de protection numérique, appelant le gouvernement à envisager sérieusement une régulation, voire une interdiction de l’accès aux plateformes sociales pour les enfants de moins de 15 ans, à l’instar de certaines initiatives adoptées dans plusieurs pays pour faire face aux menaces numériques visant les publics vulnérables.

La parlementaire demande par ailleurs au gouvernement de préciser les mesures urgentes qu’il compte mettre en œuvre, notamment à travers l’adoption d’un cadre juridique clair garantissant la protection des enfants et favorisant une éducation numérique équilibrée, respectueuse du droit des mineurs à la sécurité et au bien-être psychologique.

Cette initiative parlementaire intervient dans un contexte international marqué par une intensification des débats sur la responsabilité des entreprises numériques et des États dans la protection des mineurs face aux risques du monde virtuel, alors que les phénomènes d’addiction numérique et de cyberviolence chez les enfants et adolescents connaissent une hausse préoccupante.

Des experts en éducation numérique estiment que la régulation de l’accès des enfants aux réseaux sociaux n’est plus une option secondaire, mais une nécessité pour préserver la santé mentale des nouvelles générations. Ils plaident pour une approche globale combinant législation, encadrement familial et accompagnement pédagogique.

La question demeure : le gouvernement marocain s’orientera-t-il vers une législation stricte encadrant la relation des enfants avec les réseaux sociaux, ou se limitera-t-il à des mesures de sensibilisation à l’heure où l’écran s’impose comme une composante incontournable du quotidien des enfants ?