Maroc

SRM Casablanca–Settat : une gestion de la communication qui crispe la presse et fragilise la confiance

Quelques heures seulement après la publication d’un éditorial critique portant sur la communication de la Société régionale multiservices Casablanca–Settat, de nombreuses réactions ont afflué de la part de journalistes issus de médias nationaux et régionaux. Tous ont exprimé leur mécontentement quant à la manière dont la relation avec la presse est gérée, estimant que les éléments évoqués ne reflètent qu’une partie d’une réalité plus complexe vécue depuis plusieurs années.

La diversité des profils ayant réagi — presse écrite, électronique et radiophonique — témoigne d’un malaise professionnel qui dépasse un simple incident ponctuel, pour révéler une problématique plus profonde liée aux mécanismes de communication au sein d’un établissement chargé d’un service public essentiel.

Selon plusieurs témoignages concordants, les critiques formulées ne visent ni des journalistes en particulier ni des organes de presse spécifiques, mais plutôt une approche jugée peu ouverte, marquée par une limitation des canaux de dialogue et une gestion perçue comme sélective dans l’accès à l’information, soulevant ainsi des interrogations sur le respect du principe d’équité entre médias.

Des professionnels rappellent que la communication institutionnelle, au sein d’un organisme public, devrait reposer sur des piliers fondamentaux : transparence, réactivité et respect du rôle de la presse en tant que partenaire dans la diffusion de l’information au citoyen. Or, selon ces mêmes sources, la réalité se caractériserait par des difficultés récurrentes d’accès aux données, des délais de réponse prolongés, voire des interactions parfois tendues.

Certains intervenants évoquent également des pratiques préoccupantes, notamment le glissement de désaccords professionnels vers des considérations personnelles, au lieu de se limiter à répondre aux questions soulevées. Une situation perçue comme contraire aux règles d’éthique institutionnelle et de nature à fragiliser la confiance entre médias et institutions publiques.

Dans ce contexte, plusieurs journalistes ont rappelé des épisodes antérieurs controversés, où des accusations sans lien direct avec le travail journalistique auraient été avancées, dans ce qui est interprété comme une tentative de détourner le débat du fond des problématiques liées à la gestion du service public.

Des observateurs soulignent que cette situation est d’autant plus sensible qu’elle concerne un secteur stratégique, lié à des services de base touchant un large public, dans un contexte marqué par un débat croissant autour de la qualité des prestations et du niveau des factures. En l’absence d’une communication efficace, le risque est grand de voir les rumeurs combler le vide informationnel et nourrir les interprétations.

De nombreux professionnels insistent sur le fait que la mission de la communication ne se limite pas à défendre l’institution, mais consiste également à expliciter ses décisions et à fournir des données fiables, afin de permettre à la presse d’exercer pleinement son rôle de contrôle, dans le respect mutuel. À l’inverse, une approche fermée pourrait nuire à l’image de l’institution et entamer sa crédibilité.

Face à cette montée des critiques, la nécessité de repenser les modalités de gestion de la relation avec les médias au sein de la Société régionale multiservices Casablanca–Settat apparaît aujourd’hui urgente. La problématique dépasse désormais un contenu éditorial précis pour toucher à l’érosion progressive de la confiance professionnelle.

La presse, dans toute sa diversité, demeure en effet un reflet des préoccupations de la société. Dès lors, la réussite d’une communication institutionnelle se mesure à sa capacité à instaurer une relation équilibrée, fondée sur la transparence et l’ouverture. À défaut, le risque persiste de voir cette crise s’installer durablement et se transformer en véritab le crise de confiance.